Nous sommes toujours dans le theme de “connexions avec les autres”, pour le blogue de l’Avent 2024.
Aujourd’hui, j’ai un petit cadeau pre-Noel. Je vous dévoile d’une part le nom de la Laureate 2024 pour la Bourse Pierre Boutet – et d’une autre part, je partage l’entrevue réalisée avec elle, quelques jours après lui avoir informe du fait.
Emilie Denis-Plante est étudiante en 2eme année a l’université d’Ottawa, et elle a été choisie en novembre dernier par un comité indépendant convoqué par la Fondation Franco-ontarienne.
La bourse de 1 000 $ qu’Emilie reçoit est financée par des dons généreux au Fonds de bourse Pierre Boutet, établie pour honorer Pierre après son décès inattendu en 2023.
La bourse sera attribuée chaque année à un(e) étudiant(e) en fonction de son engagement communautaire, de son nombre d’heures de bénévolat et de son intérêt pour étudier en Ontario et en français dans un des domaines suivants; les sciences politiques, le droit, le journalisme ou l’administration publique.
Quand j’ai discuté avec Emilie, je n’ai pas été surprise de découvrir une jeune femme intelligente et dévouée, passionnée par la politique et sa communauté étant donné ses réalisations jusqu’à présent, et donc elle est bien qualifiée pour la bourse de cette année.
SR : Emilie, parles-nous un peu de toi ?
EDP : Je viens de Hanmer, en Ontario (près de Sudbury). Je suis actuellement en deuxième année à l’Université d’Ottawa, où je fais des études en Droit et en Science politique. J’ai étudié à l’école secondaire l‘Horizon et j’étais déterminée à tirer le maximum de mes années au secondaire. C’est pourquoi j’ai occupé un rôle actif dans la vie étudiante en tant que Première ministre de mon école.
SR : Qu’est-ce qui, selon toi, a distingué tes qualifications des autres lors du processus de sélection ?
EDP : Lors de mon entrée au secondaire, j’étais consciente que je devrais acquérir autant d’expérience que possible durant mes années pour augmenter mes chances de réussite.
Mes parents sont très impliqués dans la communauté franco-ontarienne et il était naturel pour moi de participer à des initiatives qui bénéficiaient au corps étudiant et à ma communauté. Mon père contribue à de nombreux conseils et comités, et ma mère est très engagée en tant qu’enseignante et dans des intérêts franco-ontariens locaux. Ils m’ont toujours inspirée à participer à ma communauté et à rechercher des opportunités de contribuer.
Je crois que ma passion, mes intérêts et mon expérience combinée au niveau du bénévolat dans de nombreuses organisations (650 heures au total), en tant que représentant du Centre de l’Ontario pour le FESFO (Fédération des étudiants au secondaire franco-ontarien), en travaillant sur une campagne électorale pour un candidat local, ainsi que mes emplois à temps partiel à Sudbury, m’ont permis de présenter un ensemble de qualifications complet, qui étaient directement liées aux critères de cette bourse.
Parmi les 1,5 million de résidents de l’Ontario qui parlent français, 622 415 sont des Franco-Ontariens, ce qui représente la plus grande population francophone de toutes les provinces canadiennes en dehors du Québec. Et cette population continue de croître.
– 6 avril 2022 RAPPORT DE 2022 SUR LES AFFAIRES FRANCOPHONES, ONTARIO
SR : Pourquoi cette bourse ?
EDP : Pourquoi pas ? (Rire) Sérieusement, j’ai vu l’annonce pour la bourse et j’ai examiné ce qu’ils recherchaient et ce que la bourse voulait promouvoir. En tant que franco-ontarien, je suis conscient des défis pour maintenir notre langue vivante dans un cadre minoritaire. Je suis fier de pouvoir poursuivre mes études en français et ces valeurs m’ont été transmises de génération en génération. Cela représentait beaucoup pour moi d’être partie prenante d’un processus qui promeut les opportunités d’étudier en français.
J’ai senti que j’avais les qualifications. Ensuite, j’ai aussi lu sur M. Pierre Boutet et j’ai pensé que mon expérience et mes réalisations s’alignaient bien avec les objectifs et les buts de la bourse.
SR : Je suis d’accord. Je pense qu’il est important d’avoir ces bourses pour les étudiants et j’espère que nous pourrons en aider beaucoup d’autres. J’aime l’idée de mettre en place une bourse commémorative qui honore nos proches. Dans ce cas, la bourse a bénéficié à la communauté franco-ontarienne grâce à notre partenariat avec la Fondation Franco-Ontarienne, de plus, elle vous aide dans vos études tout en préservant la mémoire de Pierre. C’était la connexion gagnante que nous désirions.
SR : Vous parlez beaucoup de vos parents. Il est clair qu’ils ont eu une forte influence dans votre vie jusqu’à présent. Y avait-il d’autres membres de votre communauté qui vous ont soutenu ?
EDP : Oui, bien sûr. J’ai eu des enseignants qui étaient de grands soutiens et ressources, toujours prêts à offrir leur aide et à partager leurs connaissances. Ils m’ont inspiré à approfondir mes intérêts et à explorer de nouvelles avenues.
J’ai beaucoup appris de mes missions de bénévolat et de mon travail à temps partiel, car ces expériences ont non seulement affiné mes compétences, mais m’ont également aidé à mieux comprendre les applications concrètes de ce que j’apprentissage à l’école. Chaque tâche comportait ses propres défis et récompenses, et j’ai beaucoup grandi en les surmontant.
Je dirais que chacun sur mon chemin m’a apporté un certain soutien, que ce soit un mot d’encouragement, des retours précieux sur mon travail, ou simplement la présence de quelqu’un qui croyait en mon potentiel. Ces interactions ont joué un rôle essentiel dans la formation de qui je suis aujourd’hui, fournissant une base solide que je continue à bâtir.
SR : Quel conseil donneriez-vous aux autres étudiants qui vont bientôt entrer à l’université et se demandent comment préparer leur « employabilité » ?
EDP : Il est très important de profiter au maximum de nos années au secondaire. Ce sont ces années qui peuvent vraiment vous donner une longueur d’avance – un avantage, pour ainsi dire. Vos premières expériences professionnelles et vos bénévolats peuvent offrir de bonnes occasions d’apprentissage et d’expérience, où vous pouvez essayer différentes choses pour voir ce qui vous intéresse.
À l’origine, je pensais que je voudrais m’orienter vers la médecine. J’ai effectué quelques missions de bénévolat et occupé quelques emplois dans le domaine médical et j’ai découvert que cela ne me convenait pas. Il est donc très important d’essayer différents chemins pour vous aider à déterminer ce que vous souhaitez faire dans votre carrière.
En plus de mes études, j’ai travaillé à la Chambre des communes comme page, et je travaille actuellement à temps partiel pour le gouvernement fédéral dans le domaine des programmes autochtones. Ces emplois m’ont donné une expérience concrète et m’ont aidé à développer des compétences telles que la gestion du temps et la communication, qui complètent mes études.
SR : Selon vous, quelle a été la partie la plus gratifiante de votre parcours jusqu’à présent ?
EDP : C’est une très bonne question, en effet, tout le parcours a été gratifiant et épanouissant, car il m’a permis de concilier mes études académiques avec des expériences significatives d’engagement communautaire. Quand vous commencez à faire du bénévolat, à donner le meilleur de vous-même à l’école ou à prendre un emploi – vous ne voyez pas toujours comment cela va vous bénéficier, au-delà du retour évident.
Cependant, ces expériences ont été très positives car elles m’ont permis de me connecter avec des personnes, de contribuer à des causes qui me tiennent à cœur et de voir l’impact direct de mes efforts. J’ai beaucoup appris sur la communication grâce à mes expériences de bénévolat et de travail. J’ai appris à ajuster mes messages, et à quel point il est important d’écouter. J’ai développé des compétences en leadership, et de la persévérance, et parfois les leçons sont venues plus tard, mais étaient applicables. Toute l’expérience que vous pouvez acquérir vous aide à naviguer dans le monde adulte et vous prépare aux défis à venir.
Les francophones souhaitent continuer à s’épanouir en français. Ils veulent transmettre leur langue et leur culture à leurs enfants. La demande pour l’éducation en langue française augmente plus rapidement en Ontario que dans le reste du Canada.
SR : Comment comptez-vous utiliser cette bourse pour poursuivre vos objectifs éducatifs ou professionnelles ?
EDP : Chaque petit peu compte. J’ai le soutien de mes parents, mais il y a tant d’opportunités qui se présentent, et cette bourse me permet de combler les lacunes, et de profiter d’opportunités qui ont un coût. J’ai toujours un emploi à temps partiel, la plupart des étudiants en ont besoin. J’essaie d’équilibrer le travail avec mes études.
SR : Vous avez déjà accompli tant de choses. Qu’est-ce qui vous motive à exceller académiquement ?
EDP : J’ai toujours été orientée vers les objectifs et concentrée sur mes projets. J’ai toujours eu un plan. J’admets que j’ai des attentes élevées envers moi-même, mais j’ai une vision et un plan pour atteindre mes objectifs. Je recherche quelles nouvelles compétences ou expériences je dois ajouter à ma boîte à outils pour atteindre mon prochain objectif.
SR : Wow ! Cela peut facilement consommer la plupart de votre énergie. Prenez-vous du temps pour vous ? Je suis un grand partisan du bien-être personnel et il est important de prendre soin de soi, pas seulement de répondre à toutes les autres priorités.
EDP : Oui, je réserve un jour par semaine pour moi. Je fais généralement des choses pour moi, ou quelque chose avec un ami. C’est vrai que j’aime être occupée, et j’ai une routine qui me permet de rester sur la bonne voie. Bien sûr, il y a des pics, lorsque les choses deviennent très chargées d’un coup, mais je reste concentrée et organisée.
SR : Vous avez certainement de belles perspectives d’avenir devant vous, Emilie ! Ce fut un plaisir de faire votre connaissance. Nous sommes très heureux pour vous et espérons que vous resterez en contact et nous informerez de vos progrès.
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Je n’ai aucun doute que nous entendrons encore parler d’Emilie Denis-Plante dans le futur, que ce soit en politique ou en tant que leader communautaire engagé.
La prochaine période de candidature pour la Bourse commémorative Pierre Boutet est prévue pour le printemps 2025. Veuillez surveiller ce site pour les détails d’application officiels.
